Ma biographie – La toute première phrase de votre texte doit donner le ton

La toute première phrase de votre récit de vie doit donner le ton. On l’appelle l’incipit. Il doit renseigner soit sur vous-même, votre personnalité, votre caractère, soit sur ce qu’est ou ce qu’a été votre vie. Peut-être parce que je suis trop habitué à lire des platitudes, lorsque j’attaque le début de la plupart des autobiographies qui me sont soumises, je n’ai qu’une envie : aller faire un tour pour respirer un bon bol d’air frais avant de devoir de nouveau subir le même supplice que tant de fois auparavant…  Si vous êtes une personne plutôt gaie, optimiste et si vous souhaitez faire sourire le lecteur et, au fond, l’accrocher, à la phrase suivante…

Mon père est né en 1900 à Narbonne. C’était donc la fin du XVIIIe siècle.

préférez-en une autre, du style de celle-ci :

Mon père est né en 1900 à Narbonne, donc juste avant que le XVIIIe siècle ne claque la porte. On s’y attendait, c’était inéluctable.

Même si la recherche d’une petite finasserie de ce style vous demande du temps, peu importe, c’est la première phrase, il faut lui accorder la plus extrême importance.

Autre exemple. Essayez d’éviter un trop banal :

Je suis né le 8 août 1925, à Narbonne, en plein milieu des Années folles.

Un tel incipit ne renseignera aucunement le lecteur sur votre personnalité ni sur la suite de votre vie. Préférez-lui :

Je suis né au siècle dernier, le 8 août 1925 à Narbonne, cinq ou six ans avant cette fripouille de Père Noël, mais bien après Moïse et même David. Quand je repense à mes jours, je me dis quelquefois qu’il n’est pas impossible que ma mère m’ait bercé dans un petit couffin d’osier et de chance.

Sachez enfin qu’on ne trouve généralement le bon incipit qu’après avoir fini d’écrire la totalité du manuscrit…

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Publié par

Costa

Je suis écrivain, poéticien, conseil littéraire, membre de la Société des gens de lettres, de la Maison des écrivains ainsi que du réseau de biographes « Nègres pour inconnus ». J'ai été professeur de français langue étrangère au Japon et vice-président coopté de la Société française de psychohistoire. En tant que psychohistorien et sociopsychanalyste, j'exerce une activité de recherche sur l'histoire contemporaine depuis le début du XXe siècle, notamment sur la Seconde Guerre mondiale, en Europe et en Asie. ____________________________________________________________________ Mentions légales. Copyright © Philippe Costa di Costanzo, 2015. Tous droits réservés. La présentation et le contenu du présent blog internet constituent une œuvre protégée par les lois en vigueur sur la propriété intellectuelle, dont Philippe Costa di Costanzo est titulaire. Aucune reproduction et / ou représentation, partielle ou intégrale, ne pourra en être faite sans l'accord préalable et écrit de Philippe Costa di Costanzo. Toute exploitation non autorisée du blog ou de son contenu, des informations qui y sont divulguées, sans accord écrit et préalable de Philippe Costa di Costanzo, engagerait la responsabilité de l'utilisateur et constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

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